FMI et Banque mondiale se réunissent au Maroc, entre réforme et changement climatique
FMI et Banque mondiale se réunissent au Maroc, entre réforme et changement climatique
MARRAKECH : Un demi-siècle après l'organisation de leurs dernières réunions annuelles sur le continent, la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI) sont de retour en Afrique pour leur grand raout à Marrakech (Maroc), qui a débuté lundi et durera toute la semaine, sous le signe de la réforme et du financement climatique.
C'est une tradition pour les deux institutions: elles organisent tous les trois ans leurs réunions hors de leurs sièges de Washington pour se rapprocher de leurs terrains d'intervention.
Mais cette édition marocaine a semblé maudite: initialement prévue en 2021, elle avait été reportée à deux reprises à cause de la pandémie de Covid-19, qui a fortement perturbé les déplacements internationaux et à laquelle le royaume chérifien avait répondu avec un strict contrôle de ses frontières.
Puis, un tremblement de terre meurtrier a frappé la région, tout juste un mois avant l'arrivée des nombreux participants, faisant environ 3 000 victimes et d'importants dégâts. Le gouvernement marocain a cependant confirmé la tenue de l'événement.
"Le pays a vécu un moment très difficile il y a un mois mais en est sorti plus résilient et uni que jamais", a félicité la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, lors de la première conférence de la journée, après s'être rendue au début de son séjour "dans les écoles de l'Atlas détruites par le séisme".
Une organisation d'autant plus importante que l'Afrique risquait dans tous les cas d'être au centre de nombreuses conversations, confrontée à la fois à une crise de la dette frappant plusieurs pays du continent, à la conséquence du réchauffement climatique et à une pauvreté qui se réduit moins vite qu'ailleurs.
Lors de son traditionnel discours de lever de rideau, prononcé jeudi à Abidjan (Côte d'Ivoire), Mme Georgieva a souligné qu"'un XXIe siècle prospère nécessite une Afrique prospère", alors que les économies avancées sont confrontées au vieillissement de leur population.
Les premières mesures annoncées devraient surtout être symboliques, avec la création d'un troisième siège accordé aux pays africains aux conseils d'administrations de chacune des deux institutions.
Côté FMI, Mme Georgieva s'est montrée optimiste sur la réalisation prochaine de cette avancée, qui donnerait plus de voix au continent. Pour la BM, le département américain du Trésor s'est prononcé en faveur d'une telle évolution, la rendant de fait quasi acquise.