Malgré les menaces et les suspensions, les étudiants persistent dans leur lutte
Le spectre de l’année blanche plane lourdement sur les futurs médecins qui sont en grève depuis plus de trois mois. Malgré les tentatives des administrations des facultés de médecine générale, dentaire et pharmacie pour réprimer le mouvement en renvoyant certains leaders étudiants devant les conseils disciplinaires, ainsi qu’en émettant des décisions de suspension à l’encontre d’autres, leurs camarades persistent dans leur boycott des cours théoriques, pratiques et des examens, tandis que le dialogue avec les ministères de tutelle reste au point mort.
Ces derniers jours, le nombre d’étudiants renvoyés devant les conseils disciplinaires a dépassé les 52, selon les déclarations d’un membre du Commission national des étudiants en médecine générale, dentaire et pharmacie du Maroc.
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Malgré la persistance du boycott, les mesures prises par les facultés, telles que la dissolution des bureaux étudiants et l’interdiction de leurs activités, ont poussé les étudiants à adopter une posture plus discrète vis-à-vis des médias, évitant ainsi de s’exprimer publiquement par crainte de représailles.
Une source au sein de la Commission nationale des étudiants en médecine générale, dentaire et pharmacie a souligné que ces décisions disciplinaires ne les décourageront pas, car les étudiants restent convaincus de la légitimité de leurs revendications et sont prêts à recourir à la voie judiciaire en cas d’abus.
Il semble que les ministères de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, ainsi que de la Santé, se montrent inflexibles face aux revendications des étudiants, en particulier en ce qui concerne la durée des études, malgré leurs affirmations selon lesquelles 95 % des demandes des médecins protestataires ont été satisfaites.
Bien que lors d’une conférence de presse conjointe en février dernier, les ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur aient affirmé que 90 % des étudiants soutenaient leurs décisions, la Commission nationale des étudiants en médecine générale, dentaire et pharmacie a réfuté cette affirmation, soulignant le succès quasi-unanime du boycott dans les facultés de médecine et de pharmacie.
Interrogé sur l’impact des mesures disciplinaires sur la reprise des études par les étudiants, la même source, qui a préféré garder l’anonymat a souligné à Hespress : « Cela n’est pas envisageable. Après trois mois de grève sans gain, il est impossible de reprendre les études comme si de rien n’était« .
Mots Clés : Année blanche , Grève , Médecins , Facultés , Boycott , Revendications , Ministères , Études.